24.01.2012
Sexe : quels effets sur le cœur ?
Pas question de sentiments ici, mais des conséquences de l'activité sexuelle sur le cœur : l'association des cardiologues américains vient de publier une étude sur le sujet. Conclusion : le sexe est plutôt bon pour le cœur.
L'association des cardiologues américains vient de préciser les risques et les bénéfices liés à l'activité sexuelle, notamment pour les cardiaques.
Mourir en faisant l'amour n'a rien de réjouissant. D'un autre côté, l'activité sexuelle est une composante importante du bien-être de chacun, que l'on ait ou non une maladie cardiovasculaire. Ces constats largement partagés expliquent que les nouvelles recommandations de l'association américaine des cardiologues (American Heart Association) n'oublient personne. Pas même ceux qui n'ont pas de problème cardiaque!
Ainsi, les spécialistes des cœurs et des vaisseaux insistent-ils sur deux points essentiels lorsque l'on évoque les risques d'infarctus liés à l'activité sexuelle. Premièrement, il s'agit d'une activité physique, qui comme tout sport, accroît le risque d'accident cardiaque au moment où on la pratique. Un risque qui redescend habituellement à son niveau de base en deux heures environ. Deuxièmement, la pratique régulière d'une activité physique (sexe ou autre) réduit le risque d'accident cardiaque. Avec ces deux théorèmes de base de la physiologie cardiovasculaire, on comprend que l'activité sexuelle puisse, à quelques restrictions près, être considérée comme un bon ami du cœur aux yeux des cardiologues. Bien sûr, les restrictions concernent ceux qui ont fait un infarctus du myocarde, ont subi un pontage ou une opération à cœur ouvert, souffrent d'une angine de poitrine, d'insuffisance cardiaque, d'arythmie, de maladie valvulaire, etc.
Combien d'étages ?Grâce à de savants calculs, menés surtout chez des hommes jeunes mariés, les physiologistes ont pu estimer qu'une activité sexuelle avec la partenaire habituelle équivalait à l'effort nécessaire pour monter deux étages à pieds (ou celui d'une marche énergique). La référence peut paraître approximative mais, étant donné les écarts d'énergies dépensées d'un individu à l'autre ou même d'un rapport sexuel à l'autre, on pardonnera ce léger flou. Les cardiologues français ont l'habitude d'ajouter qu'il vaut mieux se baser sur la montée de trois étages lorsqu'il s'agit d'une aventure extraconjugale ou d'un rapport ayant lieu dans une situation inhabituelle ou stressante. Soit que l'effort soit plus soutenu, soit que les hormones de stress libérées dans l'organisme accroissent sensiblement le risque cardiaque.
En principe, l'activité sexuelle n'est pas si terrible pour le cœur puisque la fréquence cardiaque (le pouls bat normalement à 60-70 battements par mn) dépasse rarement 130 battements/mn et la pression artérielle systolique les 170 mmHg, alors qu'elle est idéalement, au repos, aux environs de 120 mmHg. Néanmoins, les chiffres peuvent grimper considérablement au moment de l'orgasme, et les cardiologues rappellent que ces données obtenues chez des hommes jeunes n'ayant pas d'hypertension artérielle, ne préjugent pas de la même adaptation de l'organisme de sujets plus âgés ou ayant des maladies, notamment cardiaques ou pulmonaires. Dans ces cas là, le repère d'effort est sans doute plus près de la montée de trois étages que de deux étages.
Dès les années 1960, une étude japonaise basée sur 5559 autopsies réalisées après des morts subites, avait colligé 34 décès survenus au cours d'un rapport sexuel, soit un décès sur 200. D'autres études plus récentes ont confirmé cette proportion de morts subites lors d'un acte sexuel: entre 0,6% et 1,7%. On notera qu'il s'agissait d'hommes, dans 8 à 9 cas sur dix, et surtout que les trois quarts des victimes étaient engagés dans un rapport sexuel extraconjugal, ce qui confirme le rôle du stress ou de l'effort excessif.
Coït fatal L'analyse des morts subites pourrait donner l'impression que le coït fatal est un événement moins rare qu'on ne le dit. En réalité, si l'on quitte la salle d'autopsie pour des draps plus accueillants, on revient à des niveaux de risque moins inquiétants. L'année dernière, Dahabreh et Paulus, deux médecins du Tufts Medical Center et de Harvard (Boston, États-Unis), ont publié une étude détaillant le risque d'accident cardiaque en faisant l'amour selon que l'on était sportif ou sédentaire. Comme il fallait s'y attendre, le risque d'infarctus coïtal était bien augmenté pour tous pendant l'acte (ou les heures qui suivent), mais il augmentait surtout chez ceux qui étaient inactifs. De plus, la pratique régulière d'une activité physique diminuait le risque d'infarctus au cours d'un rapport sexuel.
Les recommandations américaines se penchent aussi sur l'influence des différentes pathologies cardiaques: infarctus, angine de poitrine, insuffisance cardiaque, arythmie, maladie valvulaire, etc. De façon générale, les experts invitent les patients chez qui une maladie cardiovasculaire a été détectée à demander à leur médecin s'ils peuvent reprendre une activité sexuelle. Selon, la situation de chacun (gravité de la maladie, symptômes, traitement, activité souhaitée…à savoir ceux qui ont eu un infarctus du myocarde, ont subi un pontage ou une opération à cœur ouvert, souffrent d'une angine de poitrine, d'insuffisance cardiaque, d'arythmie, de maladie valvulaire… la liste est tout de même longue), le médecin pourra ajuster ses conseils grâce à ces nouvelles recommandations. Si vous avez un risque cardiovasculaire élevé, il y a des chances qu'il programme des examens complémentaires pour évaluer votre tolérance à l'effort avant de vous donner son feu vert. Par exemple, après un infarctus du myocarde sans complication, la reprise d'une activité sexuelle peut être autorisée après une seule semaine d'abstinence, mais seulement si vous ne présentez aucun symptôme lors des tests cardiaques. À l'inverse, un état cardiovasculaire jugé trop instable, quel qu'en soit la cause, conduit à déconseiller toute activité physique, même intime, en attendant que les choses s'améliorent.
07:39 Publié dans Généralités, SANTE |
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21.01.2012
Quand la SEP s'invite au lit
Le lit conjugal est devenu source de frustration? Pas de panique, les troubles sexuels sont fréquents en cas de sclérose en plaques, mais pas insolvables! Parlez-en rapidement avec votre neurologue.
50 à 70% des patients SEP font face un jour à des troubles sexuels. Baisse de la libido ou du plaisir, douleurs, diminution de la lubrification vaginale ou troubles de l'érection… Les problèmes rencontrés peuvent être divers, tout comme leurs causes. Première étape: trouver leur source.
Troubles sexuels: symptôme d'une plaque?
C'est bien connu, le sexe, ça passe aussi par la tête! Et ceci n'est pas qu'une image… Notre fonction sexuelle est régulée par notre cerveau (et notre moelle épinière). Au cours d'une poussée de la maladie, si une plaque d'inflammation apparaît au niveau d'une zone impliquée dans la sexualité, celle-ci peut donc en être altérée!
A la clé, des troubles de l'érection, de l'éjaculation, une diminution des perceptions au niveau génital voire l'apparition de sensations désagréables: picotements, brûlures… Mais pas de panique! Les symptômes de la sclérose en plaques fluctuent, surtout au début de la maladie. Ces troubles peuvent disparaître lors des phases de rémission.
Les médicaments en cause
Les médicaments sont souvent à l'origine des troubles sexuels. C'est pourquoi votre neurologue fera l'inventaire des traitements potentiellement néfastes pour vos ébats amoureux. Pas question pour autant de les arrêter, au détriment de votre qualité de vie! Mais bien de les ajuster à une dose qui ne mette pas en péril votre vie intime. Sachez par contre que le traitement de fond que vous vous injectez tous les jours n'altère pas votre fonction sexuelle.
Baisse de la libido: l'impact des symptômes de la SEP
Certains symptômes de la sclérose en plaques peuvent également jouer un rôle indirect dans votre sexualité en berne.
Spasticité: entrainant des réflexes involontaires (crampes, spasmes), ce symptôme peut rendre le rapport sexuel difficile.
Incontinence à l'effort: une perte involontaire d'urine peut se produire lors de l'orgasme. Une situation gênante qui peut engendrer de l'appréhension lors des rapports suivants.
Fatigue: influant fortement sur la libido, l'état de fatigue doit être pris en compte pour le choix du moment du rapport. Mieux vaut éviter une heure tardive.
Etat dépressif: la dépression, fréquente en cas de sclérose en plaques, peut être une source de la baisse du désir.
Parlez-en rapidement à votre neurologue
N'attendez pas avant d'aborder la question avec votre neurologue. Les solutions sont nombreuses:
adaptation de vos traitements,
séances de kiné pour remuscler le périnée en cas d'incontinence,
recherche de positions et de moments plus confortables pour les rapports,
discussion avec un sexologue ou un psychologue,
prise de médicaments facilitateurs d'érection ou de lubrificateurs vaginaux.
Surtout évitez de vous enfoncer dans un cercle vicieux où le sexe devient source d'inquiétude. Plus vite vous en parlerez, plus vite vous retrouverez une activité sexuelle épanouissante!
Article réalisé avec la collaboration du Dr Anne-Geneviève Herbaut, neurologue à l'Hôpital Erasme (ULB).
07:20 Publié dans Danger beauté, santé, Généralités | Tags : amour, mec, femme, fille, société, santé, beauté |
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19.01.2012
L’exposé le plus sexy de toute l’histoire des sciences
La préparation de ma chronique "Improbablologie", qui est publiée chaque vendredi dans le supplément "Science & Techno" du Monde, me fait explorer les marges étonnantes et parfois saugrenues de la recherche. C'est au cours d'une de ces promenades dans l'univers hétéroclite de la science improbable que je suis tombé par hasard sur une histoire extraordinaire (au sens premier du terme), racontée non sans humour en 2005 par l'urologue canadien Laurence Klotz dans le British Journal of Urology International. En fait, l'histoire en question est encore plus ancienne, puisqu'elle remonte à 1983. Cette année-là se tient à Las Vegas un congrès d'urologie au cours duquel le chercheur britannique Giles Brindley doit décrire dans un exposé le premier traitement médical efficace contre ce que l'on appelle pudiquement la dysfonction érectile (DE). Si l'on se replace dans le contexte de l'époque (sans Viagra et compagnie), il s'agit potentiellement, selon les propres termes de Laurence Klotz, d'une "découverte historique dans la prise en charge de la DE".
L'exposé en question est censé avoir lieu en soirée dans un auditorium de l'hôtel dans lequel M. Klotz est descendu. Celui-ci, en prenant l'ascenseur pour s'y rendre, voit entrer dans la cabine un homme à lunettes d'une cinquantaine d'années, visiblement nerveux et vêtu d'un survêtement bleu, qui se met à vérifier des microphotographies transparentes (à l'époque Powerpoint n'existait pas) sur lesquelles son compagnon de translation verticale peut distinguer des pénis humains en érection. "J'en conclus, se souvient Laurence Klotz, qu'il s'agissait du professeur Brindley, en route pour sa conférence, même si sa tenue semblait trop décontractée pour la circonstance." Etant donné que l'exposé se tient tard, avant la réception qui clôture la journée, il n'y a que quelques dizaines de spectateurs dans la salle, des urologues venus avec leurs conjoints en grande tenue de soirée.
Giles Brindley commence par décrire son hypothèse de travail, à savoir que l'injection dans le pénis de substances agissant sur la circulation sanguine peut provoquer une érection, ce qui serait d'un grand secours pour les hommes frappés d'impuissance. N'ayant pas de modèle animal valable sous la main, le chercheur s'est pris lui-même comme cobaye. Il est en cela fidèle à une longue tradition d'auto-expérimentation dans la recherche médicale. Parmi les exemples les plus connus, citons deux Prix Nobel, l'Allemand Werner Forssman, qui s'inséra un cathéter jusque dans le cœur, et l'Australien Barry Marshall qui, pour prouver que l'ulcère de l'estomac était essentiellement dû à la bactérie Helicobacter pylori, n'hésita pas à avaler une bonne rasade de culture de ce microbe et attendit que les premiers symptômes se développent. Mister Brindley a donc pris son courage à une main et s'est injecté plusieurs substances dans la verge, qu'il a ensuite scrupuleusement photographiée à des stades divers de tumescence, car la pudeur s'efface derrière la science. "Après avoir vu une trentaine de ces clichés, raconte Laurence Klotz, il ne faisait aucun doute dans mon esprit que, au moins dans le cas du professeur Brindley, la thérapie était efficace. Bien sûr, on ne pouvait exclure la possibilité qu'une stimulation érotique ait joué un rôle dans l'obtention de ces érections, et le professeur Brindley le reconnut."
On touchait là du doigt le cœur de la démarche scientifique : quelle validité avait cette preuve photographique ? Pour raconter la suite de l'exposé le plus sexy de toute l'histoire des sciences, mieux vaut laisser la parole au témoin direct qu'est Laurence Klotz : "Le professeur voulait défendre son affaire dans le style le plus convaincant possible. Il indiqua qu'à son avis, aucune personne normale n'estimerait que donner une conférence devant un large public était une expérience érotiquement stimulante ou susceptible d'engendrer une érection. Il annonça donc qu'il s'était injecté de la papavérine dans sa chambre d'hôtel avant de venir faire son exposé et qu'il avait délibérément mis des vêtements souples (d'où le survêtement) afin de montrer le résultat. Il marcha le long de l'estrade en resserrant son pantalon sur ses parties génitales pour essayer de démontrer son érection. A ce moment-là, j'étais stupéfait, et je crois que tous les autres spectateurs l'étaient aussi. Je pouvais à peine croire ce qui était en train de se passer devant moi."
Pourtant, le public n'est pas au bout de ses surprises car Giles Brindley n'est pas satisfait par sa démonstration : "Il baissa les yeux vers son pantalon d'un air sceptique et secoua la tête avec consternation. "Malheureusement, dit-il, cela n'expose pas les résultats de manière assez claire." Il baissa alors son pantalon et son caleçon, dévoilant un long pénis, mince et clairement en érection. Il n'y avait pas un son dans la salle. Tout le monde avait cessé de respirer. Mais le simple fait de montrer son érection en public depuis l'estrade ne suffisait pas." Tel un joueur d'échecs (habillé), le professeur Brindley fit une pause et réfléchit à son coup suivant devant un parterre tétanisé. Puis il dit gravement : "J'aimerais donner à certains membres de l'assistance l'occasion de confirmer le degré de tumescence." Il faut imaginer la scène, ce chercheur priapique, pantalon et caleçon aux chevilles, service trois pièces au vent, descendre les marches et approcher de son public en smoking et robe de soirée. Quelques femmes craquèrent et se mirent à hurler en agitant des bras, car c'était trop de preuves et de résultats scientifiques pour elles. Ayant compris qu'il avait convaincu, Giles Brindley remonta prestement son bas de survêtement, retourna à sa place sur l'estrade et termina son exposé.
Le reste appartient à l'histoire. Le chercheur britannique fit d'autres tests concluants sur des hommes souffrant de troubles de l'érection, dont les résultats furent publiés fin 1983. Dans la conclusion de son article, Laurence Klotz souligne (sans rire ?) "l'énorme contribution" du professeur Brindley au traitement des troubles de l'érection. L'auto-expérimentation spectaculaire du chercheur britannique a en effet ouvert la voie à ce que certains appellent la "seconde révolution sexuelle", l'ère de l'érection médicamenteuse.
Pierre Barthélémy
http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2012/01/15/expose-le-plus-sexy-histoire-des-sciences/#comment-2100
17.01.2012
Infertilité masculine
Envie de bébé?
Manger des poissons gras peut booster les spermatozoïdes
Pour améliorer la qualité des spermatozoïdes, rien de mieux qu'une assiette de sushis, selon des chercheurs de l'université de l'Illinois. Petite leçon de science : la tête des spermatozoïdes est recouverte par l'acrosome, une membrane riche en enzymes qui a un rôle particulièrement important lors de la fécondation. Mais pour que le spermatozoïde développe cette membrane et que le reste de son corps se forme avec une tête pointue et un long flagelle, celui-ci a besoin d'acide gras oméga-3 appelés docosahexaénoïque (DHA). "Sans DHA, la structure vitale ne se crée pas et les cellules du spermatozoïde ne fonctionne pas", a affirmé Timothy Abbott, l'un des chercheurs de l'université de l'Illinois qui vient de participer à cette étude.
Or cet acide gras est particulièrement présent dans les poissons gras comme le thon ou le saumon.
Sperme : une qualité en baisse
Deux études précédentes ont déjà montré que la qualité du sperme chez les hommes est en baisse et que le nombre de spermatozoïdes a été divisé par deux en 50 ans.
C'est en s'intéressant à des cas de stérilité chez les souris que les chercheurs américains ont commencé à s'intéresser à l'importance de l'acide DHA dans la fertilité masculine : lorsque l'acide DHA a été ajouté au régime alimentaire des souris, celles-ci ont en effet retrouvé leur fertilité.
Au menu : céréales complètes et poisson cru
Une autre étude de l'université de Harvard avait également conclu, l'an dernier, qu'une mauvaise alimentation peut affecter la qualité du sperme. Les hommes consommant souvent de la nourriture riche en acide gras saturé comme les aliments frits ou industriels ayant de moins bons spermatozoïdes que ceux consommant régulièrement des céréales complètes, des légumes et du poisson. Parmi les aliments permettant de booster la fertilité masculine, les chercheurs avaient alors cité les œufs, le saumon, les yaourts naturels, les noix, les graines, les baies, les pommes de terre douces, les brocolis et les asperges. Cette nouvelle étude ajoute donc le thon et les sushis à cette liste d'aliments supposés booster les spermatozoïdes.
06:55 Publié dans Beaux mecs, Généralités, SANTE, Science | Tags : amour, mec |
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