29.10.2008

DOSSIER HIV - 4

B. Sélénium

Les propriétés antivirales du sélénium évoquées pour l’hépatite B, son action anti-oncogénique et notamment son rôle dans le système immunitaire (prolifération lymphocytaire, stimulation de l’activité natural killer) ont conduit certains auteurs à proposer de l’utiliser en traitement au cours de l’infection à VIH. La diminution de la concentration en sélénium dans le plasma et la diminution de l’activité de l’enzyme sélénium dépendante, la glutathion peroxydase, sont précoces. L’augmentation du TNF au cours de la maladie serait responsable de la génération de grandes quantités de radicaux libres à partir des macrophages, qui faciliteraient la progression du déficit immunitaire. Le déséquilibre oxydants/antioxydants est d’autant plus important que les systèmes antioxydants sont altérés. Il existe une forte corrélation entre la sélénémie et l’albuminémie mais pas de corrélation entre la perte de poids ou l’ancienneté de la maladie. Ces faits sont en faveur d’une origine mixte de la carence en sélénium : inadéquation des besoins et des apports et surconsommation du fait de la présence de radicaux libres.

La carence en sélénium entraîne une atteinte musculaire générale au cours du sida. Une myocardiopathie (maladie du muscle cardiaque) est fréquente à un stade avancé ; lorsqu’elles sont recherchées (par échographie cardiaque), les anomalies de la contraction myocardique sont présentes à un stade plus précoce. Les biopsies myocardiques réalisées chez des patients décédés confirment l’existence d’une concentration musculaire très abaissée.

Une étude comportant 80 patients VIH positifs comme groupe témoin, un groupe de 14 patients recevant 100 mcg de sélénium et un groupe de 13 patients recevant 60 mg de bêta carotène par jour pendant 12 mois. L’ensemble des patients avait un taux bas de sélénium et de vitamine A. L’activité de la glutathion peroxydase a augmenté dans le groupe recevant du sélénium après le traitement, une augmentation moindre fût observé dans le groupe recevant le bêta carotène. On a également noté une augmentation du taux de glutathion sanguin dans les groupes sélénium et bêta carotène. Donc les patients VIH positifs ayant un taux faible de sélénium et de vitamine A doivent être supplémentés.

IV. LES VITAMINES

A. Vitamine A

Le rôle de la vitamine A dans l’immunité est reconnu depuis longtemps (fonctions lymphocytaires B et T). Les épisodes infectieux itératifs aggravent les réserves de l’organisme par diminution des apports, diminution de l’absorption, augmentation de l’utilisation et augmentation anormale des pertes urinaires. Ceci explique probablement, chez le patient sidéen, la prévalence élevée de l’hypovitaminose A qui peut atteindre 20 % de la population et jusqu’à 50 % quelques mois avant le décès.

368 femmes infectées par le VIH recevant de la vitamine A à la dose de 5 ui, 30 mg de bêtacarotène pendant le troisième trimestre de grossesse et 200 ui de vitamine A lors de l’accouchement étaient comparées à un groupe placebo de 360 femmes. Les femmes ayant reçu la vitamine A ont présenté moins d’accouchements prématurés et par rapport à celle du groupe placebo et parmi celle ayant présenté une prématurité, les femmes du groupe vitamine A ont présenté moins d’infections.

B.Vitamine B12

Les carences en folates et vitamine B12 sont fréquentes ; elles sont consécutives à la diminution des apports, à une malabsorption, à un processus infectieux évolutif, ou à un cancer gastrique. Des anticorps dirigés contre le facteur intrinsèque ont été retrouvés chez 9 % des patients. Dans l’étude, les auteurs ont montré une augmentation de la gastrine, facteur diminuant l’absorption de la vitamine B12.

C. Vitamine B6

Les carences en vitamines B6 sont fréquemment décrites aux stades précoces de la maladie. La relation entre le groupe de vitamine B6 et l’immunité est établie depuis longtemps dans les populations non infectées par le VIH. Dans l’étude de Baum et al., il existe chez les séropositifs une relation entre le pool de cette vitamine et certains paramètres immunitaires comme la prolifération des lymphocytes en présence de mitogènes.

FIN PROCHAINE NOTE

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